GCE juillet 2018

Publié le 26/07/2018

Grande consultation des entrepreneurs : un regain d'optimisme

Un niveau d'optimisme à la hausse, un état d'esprit actuel très positif et au plus haut, les dirigeants d'entreprise manifestent qu'ils ont clairement le moral en ce mois de juillet.

 

 

L'effet « coupe du monde de foot » + la fin de la grève dans les transports = une hausse du moral et de la confiance des entrepreneurs. C'est, en résumé, l'équation démontrant les raisons du regain d'optimisme des chefs d'entreprise interrogés par Opinionway dans le cadre de la grande consultation CCI France/La Tribune/Europe1 (1) entre le 12 et le 18 juillet. Un sondage qui a été effectué alors que l'équipe de France était, à cette période, qualifiée pour la finale (ou déjà championne du monde) et que « l'affaire Benalla » n'avait pas encore éclaté.
Conséquence de ce climat, euphorisant sportivement et apaisé socialement, l'indicateur du baromètre qui mesure l'optimisme des dirigeants d'entreprise atteint son deuxième plus haut score (à 132) depuis février 2015, date de lancement du sondage.

 

 

 

Un optimisme qui se traduit également par une appréciation très positive de la situation actuelle : la majorité des sondés (à 56%, en hausse de six points) considère que « c'est très bien en ce moment ».

 

 

C'est le résultat le plus élevé depuis le début de la grande consultation des entrepreneurs. Les dirigeants d'entreprises de services et les industriels figurent parmi les plus satisfaits du contexte actuel. L'optimisme (47%) et la confiance (41%) prédominent, quand la méfiance (17%, moins six points) et l'inquiétude (16%, moins sept points) reculent.

 

 

Cet état d'esprit actuel des chefs d'entreprise est porteur d'espoirs. Interrogés sur les perspectives économiques des 12 prochains mois, c'est la confiance qui l'emporte tant pour leur propre entreprise (la plus forte progression, en hausse de six points à 79 %), pour l'économie française (+ 4 points) que pour l'économie mondiale (plus trois points) et ce, alors même que les menaces sur le commerce mondial et l'exportation des produits français à destination des Etats-Unis ne sont pas écartées. A cet égard, les industriels figurent parmi les moins optimistes quant à l'avenir à moyen terme des économies françaises et mondiales alors qu'ils sont les plus confiants sur la croissance de leur propre entreprise.

 

 

Outre les facteurs économiques (indicateurs de la santé de l'économie toujours au vert), l'appréciation de la politique actuelle, menée par le Gouvernement et incarnée par le président de la République, concourt aussi au bon moral des chefs d'entreprise. Ceux-ci estiment, très majoritairement, que le Gouvernement maintient le rythme des réformes annoncées (65 % des avis) et même, pour près d'un quart d'entre eux (24 %), qu'il l'accélère. Cette opinion peut, notamment, être interprétée à l'aune de la conduite de la réforme de la SNCF. Entre le mois de mai dernier (en plein conflits sociaux dans les transports) et ce mois-ci, les courbes du sondage se sont croisées : le nombre de répondants se déclarant satisfaits de l'action d'Emmanuel Macron a augmenté de 13% quand celui des mécontents a baissé quasiment d'autant (14% exactement).

 

 

De la même façon, les dirigeants d'entreprise interrogés émettent un avis favorable sur l'une des disposition du projet de Loi "Plan d'Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises", en préparation, portant sur l'évolution de la finalité de l'entreprise : 90% des sondés considèrent qu'il relève du rôle d'un chef d'entreprise de « s'engager en faveur de pratiques sociales, environnementales et économiques vertueuses ». Un avis partagé par les dirigeants d'entreprise de moins de 10 salariés comme ceux de plus de 10 salariés et exprimé plus fortement par les entreprises de services (93%) et du commerce (89%).
Questionnés sur leur engagement personnel en tant que dirigeant dans la prise en compte de ces enjeux, le taux d'approbation baisse sensiblement à 61 %, tout en restant majoritaire. A noter que les plus convaincus sont aussi nombreux que les plus réservés. Les chefs d'entreprise les plus « engagés » se retrouvent dans l'industrie et les services.  

 


Avec ces questions, le baromètre a voulu mesurer la perception par les entrepreneurs de l'une des propositions phares du rapport sur l'entreprise, objet d'intérêt collectif remis le 9 mars dernier par Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT et présidente de Vigeo-Eiris et Jean-Dominique Senard, président du groupe Michelin aux ministres Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, Muriel Pénicaud, ministre du Travail et Nicole Belloubet, ministre de la Justice. Le rapport préconise en effet de mieux intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans l'activité des sociétés commerciales et, pour ce faire, de redéfinir l'objet juridique de celles-ci en réécrivant les articles 1833 et 1835 du code civil qui date de 1804. Soutenant cette proposition, le Gouvernement estime, par la voix de Bruno Le Maire, qu'une « entreprise ne vise pas que la réa¬li¬sa¬tion d'un pro¬fit mais qu'elle a un rôle so¬cial beau¬coup plus vaste ».
Interrogés sur les préoccupations sociales et environnementales susceptibles de motiver leurs décisions, les dirigeants manifestent très clairement leur priorité. Ils sont 69% à déclarer mettre en place de bonnes pratiques, des gestes simples, dans leur entreprise pour préserver l'environnement (papier recyclable, gobelets en carton…). C'est la seule proposition du sondage qui recueille des avis majoritairement positifs. Ainsi, un quart seulement des chefs d'entreprise estime proposer un environnement de travail épanouissant à leurs collaborateurs (contre trois quart des sondés d'un avis contraire). Avec exactement la même proportion (75%), les français considèrent, à l'inverse, l'entreprise comme « un lieu de formation, de création, d'innovation et de transmission », selon l'enquête de l'Institut de l'Entreprise, « A quoi servent les entreprises » réalisée en janvier 2018.
La prise en compte des sujets de société (laïcité ou le harcèlement par exemple), la mise en place d'une politique RH plus inclusive (diversité, recrutement de personnes éloignées de l'emploi) ou de pratiques valorisant une consommation équitable sont nettement moins citées, avec respectivement, 15% d'adhésion pour la première proposition et 8 % pour les deux autres.

 

 

Dernier élément du sondage, l'implication des différents niveaux hiérarchiques dans l'élaboration des décisions stratégiques de l'entreprise est révélatrice des questionnements en cours. Si l'on additionne les réponses indiquant que seul le chef d'entreprise décide (28%) et celles associant « les plus hautes fonctions de l'entreprise » (22%), on obtient exactement le même nombre d'avis que ceux qui impliquent « tous les salariés de l'entreprise » (33%) et  « l'ensemble des managers » qui les encadrent (17%).
Des résultats de la grande consultation des entrepreneurs qui nourrissent le débat sur l'utilité sociale des entreprises avant l'examen à la rentrée du projet de Loi PACTE et qui font écho à d'autres enquêtes récentes à l'image de celle de l'Institut de l'Entreprise dont le Président et PDG de Véolia, Antoine Frérot, plaide pour que « les entreprises soient perçues pour ce qu'elles sont : un collectif utile à chacun ».

 

Consultez les résultats de la grande consultation des entrepreneurs

 


(1) Sondage Opinionway réalisé par téléphone auprès de 613 dirigeants d'entreprise entre le 12 et 18 juillet 2018 dans le cadre de la Grande Consultation des entrepreneurs.